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C’était le 6 février 2019. Je devais retourner à l’hôpital Sainte-Justine pour passer ma 5e échographie pour le suivi de ma déchirure au tendon d’Achille droit, qui datait de presqu'un an. L’échographie de la journée allait permettre de vérifier si mon tendon était complètement guéri. Cela faisait 2 mois que j’étais à nouveau autorisée à courir, mais à une vitesse très faible pour moi. Habituée à courir vite, je devais maintenir un rythme de 6 ou 7 minutes par kilomètre. Ayant acquis de la sagesse avec les années, j'ai tout de même respecté cette vitesse de course sachant que c’est préférable pour la guérison. Heureusement, plus les semaines avançaient, plus je pouvais courir vite.

Durant l’échographie, le Dr. Miron m’a rassurée. Malgré les 15 à 30 km de course hebdomadaire, la situation s’était arrangée. « Bonne nouvelle! Les tissus sont encore tous beaux, et il y a même encore moins d‘inflammation qu’en décembre! » me dit-il. Malgré le fait que mon visage était aplati sur la table d’examen, j’avais le sourire jusqu’aux oreilles. Cela voulait dire que je pouvais enfin recommencer à aller m’entraîner avec le club sur la piste d'athlétisme! Wouhou!!

Le lendemain, je partais pour une semaine de vacances dans le sud. Malgré la plage, le soleil et l’ambiance paradisiaque, je ne pouvais m’empêcher d’avoir hâte au retour, pour affronter la surface de caoutchouc qui m’avait tant manqué. C'est pourquoi, je me suis entraînée tous les jours, avec les moyens du bord!

 

Quelques jours après mon retour, le 18 février, au centre Claude-Robillard, je me trouvée en compagnie de mon entraîneur Franco, du club St-Laurent Sélect, qui m'a si gentiment attendue après tous ces mois de convalescence. Bien qu’il me fût impossible de faire le même entraînement que mes camarades de course ce jour-là, j’étais tout de même ravie de pouvoir me donner à fond pour quelques secondes. Pour assurer un retour progressif à une vitesse normale et sur la surface Mondo, nous avions élaboré ce plan de match :

  • Un échauffement de 15-20 minutes en jogging léger
  • 6 accélérations sur 40-50 mètres suivi d'un jogging léger sur 150 mètres
  • 3 séries de 8 x 50 mètres à vitesse rapide mais toujours décontractée et en contrôle, soit 8-9 secondes, suivi d'un jogging léger de 50 mètres et d'un repos de 3 minutes entre les séries.
  • Un retour au calme de 6-10 minutes en jogging suivi d'étirements et d’exercices de renforcement et de stabilité.

Il était important d'y aller progressivement, non seulement parce que nous devions tester l'impact de cette vitesse sur mon tendon et s'assurer qu'il n'y avait aucune douleur, mais aussi parce que la mécanique de course pour ce type d'effort est différente du jogging. Mon appui au sol se fait presque exclusivement sur la plante du pied, donc sollicite énormément mes mollets, soléaires, et par le fait même mes tendons d'Achille. Même si le volume n'était pas grand et que j'étais loin d’être à ma vitesse maximale, pour être en mesure de marcher normalement le lendemain, il fallait laisser cette chaîne musculaire s'habituer.

Mes deux premières séances étaient dans la même optique. Avant de m’entraîner réellement, il fallait réhabituer mes muscles. Je ne faisais donc que de petites distances, 100m ou bien 150m, alors que ma discipline est le 800 mètres. Lors de ma 3e séance sur piste, j'ai eu droit à un petit bonus pour m'amuser. J'ai pu terminer ma séance avec 2 fois 200 mètres. Il n'y avait pas de temps visé, plutôt respecter l'allure décontractée tout en optimisant ma technique de course. Le défi était également de contourner les obstacles que l’on peut trouver au centre Claude-Robillard. ;)

Le moment était donc venu pour moi de me lancer dans mon premier 200 mètres depuis 7 mois. Je contournai les obstacles pour franchir la ligne d'arrivée en 31.7 secondes. Franco, mon entraîneur, m'a regardé avec un air suspect, se demandant s'il avait bien démarré le chronomètre et au bon moment. Il s'attendait plutôt à un temps de 34 secondes. J’ai pris une pause de 3 minutes avant de repartir pour un autre 200 mètres et j’ai franchi la ligne d'arrivée en 31.4 secondes, ce qui confirmait que Franco avait bien enregistré mon temps la première fois. La « vieille » n’était donc pas si pire que ça après 7 mois hors-piste!  

Et vous, qu’est-ce qui vous rend fier de vous dans le cadre de votre discipline sportive?


Rose Marie Jarry
Athlète, Chef pâtissière et 
Fondatrice de KRONOBAR
"Je relève mon Défi 2020"