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La vie d’athlète comporte des défis qui nous font vibrer, nous motivent passionnément et nous portent parfois vers l’ultime récompense : les médailles!  

Mais avant les hourras et les bravos, il y a toutes ces heures de sacrifices, d’efforts, et de persévérance… Il y a les blessures et le budget qu’il faut réserver pour les suivis médicaux afin de prévenir et guérir les blessures. Tout cela fait partie de la vie d’athlète et constitue le revers de ces mêmes médailles.  Ces moments s’étalent souvent sur de nombreuses années avant que l’on puisse atteindre notre but : la victoire.  Je ne peux pas affirmer que plus on vieillit plus on se blesse, puisque dans mes jeunes années d’athlétisme j’ai eu à soigner plusieurs blessures, déchirure après déchirure ainsi que de l’inflammation chronique. 

Tout cela est invisible pour le public qui ne voit que les moments de performance de l’athlète.  Après plus de 20 ans de sport et d’entrainement, j’ai appris à être présente et disponible à moi-même. Je suis paisiblement à l’écoute de tout ce que mon corps exprime, que ce soit par des tensions inhabituelles ou de nouvelles. Je me suis mise en mode « prévention des blessures ».

Même en étant solide et capable de supporter les douleurs à l’effort et lors de blessures, il est important de demeurer attentif aux messages de son corps, surtout en période de stress ou de grandes émotions. Il est essentiel de tenir compte de l’impact de ceux-ci sur notre capacité physique. Il faut ajuster l’entrainement en conséquence durant les jours ou les heures qui précèdent ou suivent des situations de stress ou émotions plus intenses. Pour décompresser d’une semaine stressante, un jogging léger sur le bord de la rivière est indiqué. Toutefois, si vous êtes en récupération de stress ou de grandes émotions humaines, il faut tenir compte que vos glandes surrénales sont déjà grandement sollicitées et que cela la récupération peut s’étendre sur plusieurs semaines voire des mois. Attention, car un entrainement intense et des session anaérobiques, pour se préparer à un 400 m ou 800 m par exemple, exige un effort additionnel de ces mêmes glandes surrénales.

La sur-sollicitation des glandes surrénales n’est pas à négliger : j’ai moi-même connu les conséquences de ce dérèglement. Il y a quelques années, j’ai vécu de grandes émotions, qui, associées à ce changement, ont abouti à un burnout puis à une dépression sévère. J’ai tellement étiré ma dépression et mon surmenage sur plusieurs années que mon corps tombait en morceaux à l’entrainement. Il n’était plus capable de suivre, il était surchargé en inflammation, entraînant tendinites sévères, problèmes cutanés et déchirures ligamentaires et musculaires. Mentionnons également le coté caché de la dépression : pleurer plusieurs fois par jour sans raison valable, se sentir impuissante face à ses propres émotions et perdre toute motivation jusqu’à ne plus pouvoir accomplir ses tâches quotidiennes.

Dans la vie d’une athlète, cela devient vite un cercle vicieux : nous voulons aller courir pour évacuer ce mal-être, mais en courant de façon intense nous sollicitons trop nos glandes surrénales, ce qui les épuise et nous mène encore plus bas. Dans mon cas, mon taux de cortisol (hormone sécrétée par les surrénales et permettant de gérer le stress), a été au maximum durant plusieurs années sans jamais redescendre normalement. Après trop de temps en surproduction de cortisol, les glandes font un ‘’shut down’’ et n’en produisent presque plus. La diminution flagrante de cette hormone vient engendrer un dérèglement de toutes les autres hormones du corps. Pour ma part, j’étais constamment en carence de cortisol, de progestérone, de testostérone et d’estrogène de façon générale. Les femmes me comprendront peut-être davantage à ce sujet, puisqu’un simple changement hormonal peut engendrer une grosse différence au niveau de la biochimie du corps et sur notre humeur et nos émotions.  Une chance pour moi que j’ai su trouver les bonnes ressources, après quelques années, pour me sortir de cette condition. Cependant, il faut être très patient car les hormones sont longues à se régulariser, et la fatigue engendrée n’arrange rien.

Il devient alors primordial de réorganiser son quotidien en identifiant les sources de stress pour les diminuer et les éliminer ainsi que réserver du temps pour le repos physique. 

J’ai ainsi changé l’entraînement auquel j’étais habituée par 6 mois de « Cross Training » à la piscine. J’ai ainsi réussi à obtenir mon meilleur temps à vie en 2007 pour le 800 m: soit 2 minutes 09 secondes 00 centième. Ce record est une grande fierté pour moi : comme quoi il est nécessaire de se traiter avec respect et bonté.

Après de nombreux suivis médicaux et beaucoup de patience (ce qui ne me faisait pas toujours très plaisir), j’ai retrouvé des capacités de force physique plus normales. Je sais que je demeure fragile, je veille donc à rester à l’écoute de mon corps et ses messages très attentivement.

Si vous vous entraînez, si vous faites du sport, il est intéressant de prévoir un budget destiné à un suivi médical par un professionnel au moins une fois par mois. Ceci afin de vous assurer d’un fonctionnement correct de tout votre corps physique et émotif. Voilà où le budget financier entre en jeu!  Lorsque le sport est très présent dans votre vie, il est important de protéger votre santé sur tous les plans.

Lorsque je le mentionnais en début de ce blog, l’envers de la médaille, cela en fait partie.  A titre d’exemple concret, mon budget de suivi médical mensuel se situe entre 180$ et 360$. C’est un choix afin de protéger mon être tout entier : corps et esprit!

Même avec la prise de conscience et toute la sagesse que j’acquiers au fil des ans, le plus difficile reste d’apprendre à gérer son stress et ses émotions au quotidien, car ceux-ci sont toujours présents dans notre vie. Cela aussi fait partie des défis que je rencontre et qui, de l’extérieur, semblent parfois invisibles.

Bref, oui, être une athlète apporte de bien belles récompenses : le bonheur de se surpasser jour après jour, d’accomplir des objectifs, peut-être de connaître le succès. Toutefois, il ne faut jamais oublier toute la discipline et les côtés moins agréables que cela engendre.

Et vous, quels sont les aspects les plus difficiles, et parfois invisibles aux yeux de votre entourage que vous rencontrez lorsque vient le temps d’atteindre vos objectifs personnels et vous surpasser?

Amicalement,

Rose Marie Jarry
Athlète, Chef pâtissière et 
Fondatrice de KRONOBAR
"Je relève mon Défi 2020"